Ode au corps tant de fois caressé

Christophe Fourvel
Frais d’envoi offerts jusqu’au 22 novembre

7.00 

« Tu as fermé les robinets. Je suis toujours adossé au mur orange qui fait face au bac de douche et je te regarde reposer le pommeau sur son socle. Il n’y a pas de porte entre toi et moi. Il y a la collision incessante dans l’air de millions de particules d’eau qui adoucissent l’atmosphère de la pièce. Et j’imagine que c’est tout ce que nous avons vécu ensemble qui enrobe ainsi ce premier face à face de la journée. Ton visage ne réagit pas à ma présence. Il semble qu’il y ait plus important. Il y a le plaisir de la douche chaude qui est plus précieux, à présent, que la jouissance. Tu as 59 ans. Exactement comme moi. Nous les avons fêtés la semaine dernière, plutôt sobrement. Tu es nue, je te regarde, les mains dans les poches de ce pantalon en tweed bleu que j’aime porter à la maison lorsque j’ai une quantité déraisonnable de dossiers à traiter ou bien lorsque je dois découper un lapin que j’ai mis la veille à macérer, où n’importe quoi d’autre qui me paraît compliqué ou insurmontable parce que l’intérieur de ses poches révolver me rassure. Je crois que les hommes qui gardent les mains dans les poches face à une femme nue sont très probablement
des pervers. Mais laisse-moi croire qu’il existe des exceptions. » Christophe Fourvel

Christophe Fourvel est né en 1965 à Marseille. Il vit dans le Doubs. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres publiés notamment aux éditions Médiapop, La Dragonne, L’Escampette et La Fosse aux Ours : Derniers Paysages avant traversée (1999), Dumky (2000), Anything for John (2005), Montevideo, Henri Calet et moi (2006), Portraits de femmes magnifiques (2008), Bushi no nasake, La Tendresse du guerrier (2011), Chroniques des années d’amour et d’imposture (2019)… Son écriture, sensible, précise et parfois mélancolique porte un regard attentif au
monde, s’efforce de toucher la vie au plus près. En 2011, il publie La Dernière fois où j’ai eu un corps qui offre le récit intense d’une femme albanaise prise dans les réseaux mafieux et envoyée sur les trottoirs français. En 2014, il obtient le prix Marcel Aymé pour son roman Le Mal que l’on se fait.

+ Infos pratiques

Mise en vente : Novembre 2019
Prix public : 7 €
Isbn : 978-2-918932-99-4
Format (L x H) : 120 x 180 mm
Genre : Littérature
Editeur : Médiapop éditions
Nombre de pages : 32
Diffusion : CED / Distribution : BLDD

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